L'industrialisation moderne de dix pays subsahariens dotés d'institutions assez stablesépanouit l'ensemble de l'Afrique

Le succès des ’dix stables’ est rapidement suivi par des voisins fragiles


  • Les solides entreprises européennes qui investissent en Afrique contribuent à gérer le réchauffement climatique, les pandémies et les migrations forcées.
  • Une opportunité pour l'Europe, en tant que consommateur remplaçable, de mériter géopolitiquement un partenariat privilégié avec l'Afrique. (Afrique 2050: 25% de la population active mondiale).

Les décideurs politiques et la société civile d'une dizaine de pays subsahariens dotés d'institutions assez stables (*) estiment que la transformation locale des ressources premières en produits compétitifs crée notamment plus d'emplois par an que la croissance démographique. C'est le seul moyen d’endiguer la pauvreté et de créer une classe moyenne autonome qui supprime les inégalités de l’intérieur. Ces  ‘dix stables’ peuvent déjà compter sur de nombreux jeunes ingénieurs et économistes hautement qualifiés, sur des sites industriels accessibles, sur des sources d'énergie renouvelables localement disponibles et sur la connectivité Internet, sur des terres agricoles ‘du monde’ et sur leur propre couche supérieure financière.

Ce qui manque à l'Afrique, c'est l’expérience pratique des processus et technologies industriels avancés. C'est pourquoi l'Afrique s'appuie sur les IDE (investissements directs étrangers) et les partenariats avec de solides PME industrielles expérimentées de pays économiquement plus avancés. De plus, ces investisseurs et partenaires étrangers agissent comme des écoles de gestion et encouragent la couche supérieure financière endogène à investir également dans une économie agro-alimentaire et manufacturière productive plutôt que dans le commerce et l'immobilier. S’ils le souhaitent, les IDE peuvent rapatrier les bénéfices réalisés. Ainsi, ces «dix stables» assurent le transfert permanent du savoir-faire industriel moderne et s'épanouissent plus rapidement.


ZLECAf 

Le succès de ces pays pilotes pousse la politique et la société civile des voisins fragiles à suivre leur exemple, surtout maintenant que les 55 pays africains voient leur salut dans la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L'Europe doit prendre conscience, en tant que consommateur et exemple démocratique brillant, qu'elle peut être remplacée par la Chine, les Indes et les Amériques. Cependant, en raison de liens culturels et historiques, tous les parents africains rêvent, à tort ou à raison, pour leurs enfants de «notre» modèle européen de société. Cependant, l'Europe doit saisir l'opportunité en tant que partenaire privilégié, de toute urgence et de toute urgence, pour gagner l'industrialisation accélérée de l'Afrique. L'Afrique voisine, avec 25% de la population active mondiale d'ici 2050, s'offre également comme un nouveau marché énorme pour les produits et services de niche européens à haute valeur ajoutée.

Nouveau bloc géopolitique

Aucun pays, aucun continent ne peut à lui seul désamorcer les défis mondiaux du réchauffement climatique, des pandémies, des catastrophes, du vieillissement de l'Occident et de la Chine, de la surpopulation de l'Afrique et du populisme. Les investissements industriels de l'UE en Afrique entraînent de facto la création d'un partenariat informel mais puissant entre les continents voisins ayant des liens historiques et culturels qui mènent des discussions mondiales sur les mesures impopulaires nécessaires pour sauver la planète: taxe carbone, consommation (viande) , reboisement, urbanisation, démographie, décentralisation de la Chine comme usine du monde, etc.


En pratique. L'Afrique prospère plus rapidement grâce à un large changement de mentalité.

  • En Europe: «Débats pour un large public sur« l'autre »Afrique». L'industrialisation de dix pays africains stables fait prospérer l'ensemble de l'Afrique et incite des industriels solides à y investir.
  • En Afrique: «Débats pour un large public sur les opportunités de l'Afrique». Convaincre une proportion significative de PME africaines et de la classe supérieure financière pourquoi et comment réussir avec des partenaires industriels solides issus d'économies plus avancées.

(*)

The Economist Democracy Index 2019: Mauritius, Botswana, Cabo Verde, South Africa, Ghana, Lesotho, Namibia, Senegal, Madagascar, Malawi, Liberia, Kenya, Tanzania, Benin, Zambia, Uganda, Mali, Sierra Leone, Gambia, Côte d’Ivoire, Burkina Faso.

African Countries With The Best Roads 1. Namibia 2. Egypt 3. Rwanda 4. Morocco 5. Mauritius 6. South Africa 7. Senegal 8. Kenya 9. Tanzania 10. Algeria 11. Seychelles 12. Eswatini 13. Cape Verde (2019 WEF Quality of Road Infrastructure).

 (**) Africa’s 'youth employment' crisis is actually a 'missing jobs' crisis. The problem is with the economy and “missing jobs” for everyone—not just for young people. A focus on youth-targeted interventions distracts policymakers and stakeholders from developing the policy agenda for structural change. Industrial policy conclusion no1: “To increase private investment in labor-intensive manufacturing and services”- Brookings Africa Growth Initiative (September 2020)